C’est normal.
Vous êtes au Congo, une propriété occidentale que vous avez usurpée. Tout peut y être censuré : fermez la bouche et attendez votre tour qui sera décidé de l’Occident.
À Bruxelles, j’ouvre ce lien sans tracas aucun, parce que je suis un assimilé. Un compatriote européen m’a dit un jour, dans salon, avec un sourire jaune : « Toi, tu reste ici. Eux, ils restent là-bas avec Kabila qu’ils ont choisi et qu’ils nous accusent avoir choisi pour eux, derrière notre Louis Michel. Pas question d’aller ouvrir les yeux à ces paresseux, ces aveugles et ces calomniateurs éternels. »
Quand j’ai pensé aux insultes que je reçois pour tout ce que je fais et dit sur le Congo, depuis 1976 à aujourd’hui, à ma mère qui vit la misère dans Beni, à mes quatre enfants à lancer sur le chemin de la vie, aux nombreux traîtres de la nation congolaise dont j’ai serré les mains ici dans Belgique victimisée ; je me suis dit : sur ce point-là, ce colonisateur a raison. Je lutte à distance, pour mon peuple encore ingrat ; jusqu’à son prochain réveil, auquel j’assisterai de ma tombe bruxelloise, Dieu voulant…
